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    EDITO


    Voici le neuvième numéro de ce journal. Pour cette fois L’Invendable se promène en Rhône Alpes, errant du Piémont italien à Roanne en passant par Genève, Lyon et Grenoble. L’Invendable déborde chez ses voisins, L’invendable déborde
    de ses quatre pages. Pour comprendre que traverser les
    Alpes en TGV est un projet sur le monde, comprendre que ce projet d’aménagement du territoire n’est rien d’autre que l’organisation dans le temps et l’espace du capitalisme, comprendre que ce projet n’oublie rien, même une ville comme Roanne. En soutien au mouvement des No Tav
    (Treno Alta Velocità, TGV italien) qui se battent depuis presque vingt ans dans la vallée de la Suse en Italie contre la construction d’une ligne TGV reliant Lyon à
    Turin, l’Invendable tisse les liens qui relient cette vallée
    piémontaise à l’avenir du Roannais. A la manière de cette
    belle phrase tirée d’un texte intitulé Lavanda n°2 et écrite
    par des personnes qui ont lutté pour défendre en juin 2011
    le hameau occupé de la Maddalena contre les bulldozers,
    «le TAV, comme projet sur le monde, est partout. La
    possibilité de l’affronter aussi».
     

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  •  Défense de l'emploi, lutte contre le chômage, combat contre la destruction de l’industrie française, quand la question de la finalité d'une production industrielle mortifère est trop rarement posé, quand cette question est trop souvent écrasé par l'aveuglement de la défense systématique de l'emploi, Pièces et Mains d’œuvre décode pour nous les angles morts des combattants de la ré-industrialisation Made in France à travers un reportage de émission Là-bas si j'y suis sur France Inter sur une usine de PVC.


     

     

    "Réindustrialisons" : quand "Là-bas si j’y suis" défend le cancer français 

    En campagne pour Jean-Luc Mélenchon, l’émission Là-bas si j’y suis de Daniel Mermet sur France Inter diffusait, mercredi 5 et jeudi 6 avril 2012, un reportage de François Ruffin intitulé « Arkema et les vautours ». Où l’on apprend que le premier groupe chimique français s’apprête à céder, pour un euro symbolique, son « pôle vinylique » et les 2000 salariés qui vont avec, à un financier américain. Et François Ruffin d’accompagner les syndicalistes d’Arkema dans les QG de campagne des candidats à la présidentielle pour les « interpeller » sur ce scandale économique, et pour défendre l’idée en vogue dans cette campagne : la réindustrialisation de la France.

    Pas un mot, durant ces deux émissions, sur l’activité du pôle vinylique d’Arkema et sur cette production qu’il s’agit de maintenir française. L’emploi n’a pas d’odeur, pas même celle du chlore qui sert à produire le chlorure de vinyle. Le chlorure de vinyle ? C’est un message, laissé sur le répondeur de l’émission ce jeudi 6 avril, qui renseigne l’auditoire :

    « Merci à François Ruffin pour ce reportage intéressant, mais il me semble utile d’ajouter un complément d’information, pour préciser ce que fabrique le pôle vinylique d’Arkema. Celui-ci produit du chlorure de vinyle, connu par le grand public sous le nom de PVC. Le PVC est un produit classé cancérigène par l’Union européenne et par le Centre international de recherche sur le cancer. Il est notamment en cause dans l’apparition de cancers du foie. Il présente aussi des caractères mutagènes et reprotoxiques. Ceci concerne bien sûr les travailleurs des usines chimiques, dont beaucoup, en France ou aux Etats-Unis notamment, souffrent de cancer du foie, mais aussi tous ceux qui sont exposés à la pollution, entre autres par l’eau de boisson, à cause des déchets du PVC. On peut lire à ce sujet la note éditée par l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) sur le chlorure de vinyle.

    Le PVC est souvent associé aux phtalates pour rendre le plastique souple – pour les jouets ou nombre de produits de consommation courante. Les phtalates sont cancérigènes, mutagènes et responsables d’anomalies de la reproduction masculine.

    Enfin l’incinération du PVC génère des dioxines, qui rendent malades et tuent les voisins des incinérateurs, comme à Gilly-sur-Isère en Savoie, ou près de Besançon – y compris avec des incinérateurs de nouvelle génération. C’est cela, aussi, que défendent les salariés d’Arkema, et qui n’était pas mentionné dans le reportage. »

    Ayant diffusé ce message à l’antenne, Daniel Mermet juge utile de le faire suivre d’un autre message d’auditeur qui vante, lui, « le savoir-faire et la dignité » de ces ouvriers menacés de délocalisation. Le producteur enchaîne sur « l’essentiel, l’essentiel (rire), qui est évidemment l’emploi et le chômage et la destruction de l’industrie dans ce pays, la désindustrialisation qui (…) est l’essentiel dans cette campagne ».

    Bref, produisons des cancers français. Pour l’emploi, produisons du nucléaire français, des OGM français, des pesticides français, des nanotechnologies françaises. Ça tombe bien, Arkema est leader dans la fabrication des nanotubes de carbone, sous la marque GraphiStrength, avec son unité de production des Pyrénées-Atlantiques d’une capacité de 400 tonnes par an. Les nanotubes de carbone sont ces nanoparticules dont les effets sur les poumons rappellent ceux de l’amiante. Mais pour les syndicalistes comme pour les partisans du Front de Gauche et Là-bas si j’y suis, « l’essentiel, c’est l’emploi », autrement dit : « Nos emplois valent plus que nos vies ».

    C’est ça, leur prétendue « planification écologique ». Quant à nous, libertaires et luddites, nous disons : brisons les machines à produire le cancer. 

    Pièces et main d’œuvre / Grenoble, le 6 avril 2012

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     Et voici la réponse de Pièces et Mains d'Oeuvre, suite aux réactions que n'ont pas manqué de provoquer une telle lecture du Made In France...


     

    Défense du cancer français : séquelles 

    Vendredi 6 avril 2012, nous avons publié un texte intitulé « "Réindustrialisons" : quand "Là-bas si j’y suis" défend le cancer français ». Celui-ci pointait l’angle mort d’un reportage consacré à la cession du pôle vinylique d’Arkema à un « vautour » américain : l’absence de toute mention du caractère homicide de la production de ce pôle. Cette lacune étant évidemment liée aux positions politiques du producteur, du journaliste et des intervenants de cette émission, qu’on n’insultera pas en disant que, syndicalistes, militants du Front de gauche ou journalistes engagés, ils font actuellement la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. On n’étonnera non plus personne – ni eux-mêmes - en rappelant que le Parti communiste, le Parti de gauche, la CGT et Là-bas si j’y suis soutiennent le parti de l’industrie et de l’emploi à tout prix.

    De toutes les réactions suscitées par notre texte, nous avons choisi de répondre à celle qui nous paraissait la plus poignante et la plus instructive, celle peut-être qui permet pour une fois d’aller au vif du sujet. Ce message d’un syndicaliste ouvrier nous est parvenu indirectement, via une liste de discussion du Front de gauche. Nous préservons l’anonymat de son auteur.

    « Aux libertaires et luddites qui écrivent « Mais pour les syndicalistes comme pour les partisans du Front de Gauche et Là-bas si j’y suis, "l’essentiel, c’est l’emploi", autrement dit : "Nos emplois valent plus que nos vies".

    Je suis syndicaliste CGT mais avant tout un homme et j’ai envie de vous hurler à la figure les 52 morts de la polymérisation du CVM (et pas du PVC soyez précis !!!), les dizaines de morts du rein et de la vessie, les morts de l’amiante de l’usine Atofina Brignoud que ces camarades ont bien été assassinés non pas au nom de l’emploi mais au nom du seul profit capitaliste vous hurler que les salariés qui sont en 1° ligne ne sont pas des kamikazes ... ils ont été gazés par des patrons qui savaient le danger vous hurler qu’une fibre d’amiante suffit qu’un seul ppm de gaz suffit pour donner la mort !!!

    Vous hurler que l’amiante comme la polymérisation du CVM tuent à retardement 30 à 40 ans après l’exposition alors comment pouvez vous reprocher à ceux qui meurent aujourd’hui, 30 ans après leur exposition, d’avoir feint d’ignorer le danger afin de préserver leur emploi

    Savez vous seulement libertaires et luddites notre impuissance non pas à sauver nos emplois mais notre combat pour faire reconnaître nos expositions, classer nos sites, et que nos veuves et enfants aient une juste compensation. Connaissez vous seulement la peur qui plane sur nos têtes à chaque visite médicale. Savez vous seulement la peur de l’annonce de la maladie (amiante ou cancer du foie), la peur de mourir asphixié (amiante), la peur de mourir en pourrissant de l’intérieur (angiosarcome du foie). Savez vous seulement, bien penseur de PMO ce qu’est mourir du cancer du CVM, de l’amiante et autres saloperies que nous avons respiré. Savez vous seulement la gifle que nous ressentons lorsqu’un de nos camarades est touché ....le dernier.... Jacques .......est parti il y a 15 jours !! Que connais tu de nos souffrances et de celles de nos familles devant notre agonie.

    A vous libertaires et luddites je dis faîtes vous connaître prenez une part active dans notre combat pour la vie et luttez pour que nos usines continuent à produire en préservant la santé de ses salariés et des populations environnantes

    - Nos vies comme les vôtres dépendent du succès de nos luttes actuelles
    - Aidez nous à briser les conditions de travail qui produisent les cancers
    - Aidez nous dans notre lutte devant le Tribunal Administratif de Grenoble pour qu’enfin le site d’Atofina Brignoud soit classé Amiante
    - Aidez nous devant les tribunaux à chaque comparution de famille d’Atofina Brignoud réclamant justice ou bien Respectez nous !! »

    Si ce message apporte une confirmation, c’est bien que le PVC (même nommé chlorure de vinyle monomère) tue. Il tue même plus encore que ce que nous avions écrit, à l’usine Atofina de Brignoud (aujourd’hui Arkema), dans la cuvette grenobloise. Il tue atrocement. Et il est aussi assassin que nombre de produits dont nous gratifient les 19 sites Seveso de l’agglomération, et l’industrie en général. Qu’elle soit chimique, nucléaire, automobile, agro-alimentaire ou électronique. Ces assassinats concluant d’ailleurs des existences entières privées de vie, dans l’enfermement de l’usine.

    Aux chiffres que fournit notre interlocuteur concernant les travailleurs, il faut ajouter les morts invisibles, jamais additionnées, des riverains et de toutes les victimes d’un environnement empoisonné (eau, air, sols, alimentation). Ceux-là ne sont pas même payés, tout juste ont-ils la satisfaction de contribuer à l’augmentation du PIB et de la croissance. Soyons précis, comme dit notre syndicaliste : on sait depuis 1906 que l’amiante est dangereuse. Celle-ci a été totalement interdite en France en 1996. Neuf décennies d’assassinat industriel. Les patrons n’étaient pas les seuls à savoir le danger. Si les ouvriers de 1906 l’ignoraient, ceux de 1976 et de 1986 le savaient. C’étaient « les risques du métier ». Comme la silicose des mineurs ou les cancers des intérimaires du nucléaire. Comme aujourd’hui la maladie de Parkinson des paysans qui continuent de répandre des pesticides. Qui défend le monstrueux chantier du TGV Lyon-Turin, avec ses millions de mètres cubes d’amiante et de poussières radioactives à extraire de la montagne, sinon la CGT ? Puisque c’est bon pour l’emploi.

    Ce n’est pas le seul profit capitaliste qui a assassiné des générations d’ouvriers, mais la société industrielle, et le parti industriel – scientifiques, patrons, ouvriers et techniciens confondus. Un parti qui s’enkyste dans le déni, y compris face à la réalité la plus brutale. Voyez les travailleurs de Fessenheim applaudissant aux promesses de Sarkozy de prolonger leur centrale, un an après la catastrophe de Fukushima.

    À toi, syndicaliste, nous disons : encore un effort dans le combat pour la vie. Vous, qui mourez en première ligne, encore un effort de cohérence pour tirer les conséquences de ce que vous savez. Le chlorure de vinyle tue ? Supprimons-le. Même communiste, autogéré, verdi, responsable, durable et citoyen, il n’y a pas de PVC propre et il ne peut pas y en avoir. Parce que nous sommes cohérents et que nous tirons des conséquences, nous refusons le PVC, quels que soient ses usages : le prix à payer est trop cher. Et ce qui vaut pour le PVC vaut pour toutes les saloperies industrielles et nuisibles. Justement parce qu’on vous respecte, on trouve indigne de vous voir réclamer « une juste compensation » à ce qui n’a pas de prix, la vie d’un homme. Respectez-vous vous-mêmes.

    Savez-vous seulement à quoi ont renoncé ceux qui depuis des décennies font la grève perpétuelle ? Ceux qui ont refusé de plier, d’entrer en usine ou au bureau, de prendre des crédits, de faire 2,1 enfants, d’acheter un pavillon, une bagnole, une télé, des téléphones portables, de revendiquer du « pouvoir d’achat ». Ceux que vous nommez « marginaux », qui subissent les diktats du parti industriel et qui tâchent, à la mesure de leur faiblesse et de leur imagination, de ménager le peu de vivant que vous n’avez pas encore détruit. Ceux que vous n’avez pas eu le cran d’imiter, parce que, tout de même, une vie entière volontairement sous le seuil de pauvreté, c’était pas votre choix.

    Pour nous, luddites, il y a plus de décence à tâcher d’être maîtres de son existence et de son travail – quitte à vivre de peu – qu’à se soumettre à la machine destructrice et à mendier des conditions d’esclavage supportables. En fin de compte, une société luddite lèguerait aux fameuses « générations futures » une Terre en meilleur état que la société industrielle. Mais bien sûr, cela irait contre « le sens de l’Histoire ».

    Pour finir, syndicaliste, tu es bien hardi de nous croire ignorants du cancer et de ses horreurs. Grâce à ton activité et à celle de tes collègues, c’est en réalité aujourd’hui l’une des choses du monde les mieux partagées. 

    Pièces et main d’œuvre / Grenoble, le 10 avril 2012

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    Le reportage de François Ruffin, Arkema et les vautours,  pour l'émission La-bas si j'y suis sur le site la-bas.org


  • Vinci fait dans le social, Vinci fait dans la bio. Des hectares de terres agricoles détruites, c'est dix jardins bio qui ouvrent... sur les aires d'autoroute. Le no man's land vu par le roi du parking.

    Article de 20 Minutes publié le 18 janvier 2012 et repris sur le site de la campagne Stop Vinci stopvinci.noblogs.org

    Des légumes bio le long de l’autoroute A19

    Le Jardin de la Voie romaine, à but de réinsertion sociale, est implanté le long de l'autoroute A19.

    Le Jardin de la Voie romaine, à but de réinsertion sociale, est implanté le long de l’autoroute A19. Jardin de la Voie romaine

    INITIATIVE – Dans le Loiret, un jardin d’insertion cultive des légumes bio pour les revendre sur une aire de repos…

    «Nous faisons tout pour qu’ils s’en aillent». Julie Mandresilahatra, directrice de l’association Le jardin de la Voie romaine, est pressée de se débarrasser de ses douze salariés, mais cela part d’une bonne intention: ils sont tous en réinsertion professionnelle dans le potager installé le long de l’A19, près de Beaune-la-Rolande (Loiret). Ouvert en octobre 2010 sous l’impulsion de Vinci, le constructeur de l’autoroute, le jardin a commencé à produire des légumes bio et continue son développement grâce à une bourse accordée début janvier par la Fondation pour la nature et l’homme (FNH, ex Fondation Nicolas Hulot).

    Savoir-être plutôt que savoir-faire

    Plutôt que de laisser un terrain inutilisé le long de l’A19, et pour «verdir» cette nouvelle voie, le groupe Vinci a imaginé un projet à visée sociale et environnementale et s’est rapproché pour cela du réseau Cocagne, qui compte déjà une centaine de jardins d’insertion. Aujourd’hui, douze travailleurs en réinsertion et quatre salariés permanents font pousser le long de l’autoroute des choux, carottes, pommes de terre… «Ils nous envoient des candidatures spontanées ou nous sont envoyés par les partenaires locaux comme les communes ou les assistantes sociales, etc. Nous ne prenons que des bénéficiaires du RSA, des jeunes sans qualification ou des travailleurs handicapés, explique Julie Mandresilahatra. Il faut qu’ils soient motivés par le travail de maraîchage, mais surtout par la perspective de construire un projet professionnel.»

    En moyenne, les travailleurs en réinsertion restent un an dans les jardins, où ils apprennent plutôt des «savoir-être» que des «savoir-faire»: arriver à l’heure, travailler en équipe, respecter des consignes… Payés au Smic sur la base de 24 heures de travail par semaine, avec des contrats de six mois renouvelables, ils bénéficient de formations et d’ateliers pour repartir du bon pied dans le monde du travail, mais pas forcément dans l’agriculture: «En moyenne, 5% des gens qui passent dans les jardins continuent dans le milieu agricole», précise Julie Mandresilahatra. Vinci, qui a laissé son indépendance au projet, participe indirectement à la mission du jardin via un «mécénat de compétences» pour aider la direction de l’association ou faire passer des entretiens d’embauche fictifs aux jardiniers.

    Un pique-nique bio cet été?

    Les paniers de légumes sont vendus directement au jardin et dans deux magasins de Pithiviers. Mais du bio le long d’une autoroute, ce n’est pas un peu fumeux? «Il n’y a pas de législation qui interdise de faire du bio le long d’une voie de circulation, répond Julie Mandresilahatra, rodée à la question. D’autre part, nous sommes certifiés par Ecocert qui est chargé de contrôler le respect du cahier des charges bio. Enfin, l’A19 n’est pas très fréquentée et les pollutions par l’air ou par les eaux qui ruissellent de la route sont très limitées.»

    Bientôt, l’aire d’autoroute voisine pourrait accueillir la vente de paniers ou introduire les légumes bio dans les cuisines du restaurant routier. «Nous pensons vendre les légumes pendant l’été, plutôt ceux qui se mangent facilement avec un pique-nique», espère la directrice. Du côté de la FNH, c’est la mise en relation d’une grande diversité d’acteurs (groupe Vinci, réseau Cocagne, partenaires sociaux, gestionnaires et usagers de l’aire d’autoroute…) qui a séduit le jury des bourses: «C’est une initiative qui a un résultat tangible et qui peut être dupliquée ailleurs», explique Patrice Raveneau, chargé de projets à la FNH. La fondation accorde chaque année plusieurs bourses allant de 1.000 à 5.000 euros. Celle attribuée au Jardin de la Voie romaine servira à financer le matériel agricole et à mettre en place des animations de sensibilisation à l’environnement pour les usagers de l’aire d’autoroute.

    Audrey Chauvet


  • Samedi 24 mars 2012, grande manifestation pour l'arret immédiat du projet d'aéroport à Notre-Dame-Des-Landes.

    "Le printemps arrive et la lutte contre le projet d'aéroport en profite pour s'intensifier.
    Le 24 mars à Nantes, on inverse les rôles avec une grande manif ! La métropole nantaise veut annexer Notre-Dame-des-Landes ? Eh bien ce sont toutes les oppositions à ce projet, et à tous les projets inutiles, qui vont venir dire à la métropole qu'elles ne veulent pas de son développement !"

    [ nantes.indymedia.org ]

     

    Appel : « 24 Mars 2012 Notre-Dame-Des-Landes s’invite à Nantes »

    Le 24 mars 2012, trois cortèges s’élanceront de la périphérie nantaise pour se rejoindre dans le centre. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, accompagnés de tracteurs et de vélos marcheront par le nord, l’est et le sud de la ville avant de se retrouver en son cœur, dans son avenue la plus imposante, pour y déployer une occupation jusqu’à la nuit tombée. Le 24 mars, c’est le champ de tensions qui se déplace, c’est Notre-Dame-des-Landes qui s’invite à Nantes.

    Depuis quelques temps, la situation sur la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, rebatisée pour l’heure Zone A Défendre) n’a plus rien de calme. Vinci a obtenu la concession, les financements sont attribués, les juges d’expropriation s’activent. Reste que les maisons occupées et les propriétés agricoles font encore barrage à l’avancée du projet, elles sont même le dernier maillon qui empêche le début des travaux. Et ce n’est pas par un heureux hasard si la ZAD n’a jamais été aussi peuplée que cette dernière année : la perspective de devoir résister aux premières tentatives d’expulsion et expropriation, dans les mois qui viennent, pousse à gagner en détermination.

    La journée du 24 mars est une étape qui réunit une double exigence. Celle de porter massivement le conflit hors de la ZAD, de le rendre criant et incontournable, et celle de se préparer ensemble aux mois de résistance qui se profilent devant nous. D’un coté, il faut reconnaître qu’il n’y a plus de médiation politique possible : ce n’est pas par la seule force du nombre et de l’opinion publique que nous gagnerons. De l’autre, il faut comprendre tactiquement ce qui fait tenir le projet pour ajuster efficacement nos coups.

    Le 24 mars, nous bloquerons, pour un temps, le centre-ville de Nantes. L’idée est simple : conquérir un boulevard pour y partager à des milliers une des principales pratiques des opposants au projet, l’occupation. Et que chacun, à sa manière, puisse se ressaisir de la lutte contre l’aéroport, en acte.

    Pour que cette journée soit un pas en avant, il faudra faire en sorte qu’elle aille au-delà de la seule dimension symbolique des traditionnelles grandes mobilisations. Il faudra le faire avec à chaque fois une attention particulière à ce que les gestes portés résonnent collectivement. Pour la lutte contre l’aéroport, cette journée prépare à l’arrivée des bulldozers. Elle doit nous permette de gagner en confiance, d’envisager sereinement le durcissement de la bataille.

    Nous luttons ici contre un aéroport, alors que d’autres luttent contre les lignes de trains à grande vitesse au Val Susa et au pays Basque, contre une centrale à gaz dans le Finistère, contre un barrage au Portugal, contre le nucléaire ou les lignes THT dans le Cotentin, etc. A chaque fois, c’est un même front qui prend corps localement. En Bretagne, le ravalement de tous les centres des grandes villes (de Nantes à Brest et de St Nazaire à Rennes), la future ligne de TGV Rennes-Nantes, la future centrale à gaz de Landivisieauou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes font partie d’une même dynamique qui n’a qu’un but : accélérer sans cesse la circulation des flux. Elle porte le nom de Métropole.Et il suffirait de retirer la loupe pourcomprendre que cette affaire est mondiale. Ce n’est pas par ironie que le maire de Nantes lui-même affirme que l’aéroport se pense déjà, au travers de ses futures dessertes, dans un réseau de flux européens reliant l’ouest de la France à l’Italie et au Portugal.

    Le plus troublant, sans doute, est que les anciennes figures du pouvoir ne nous font plus face. Le pouvoir s’est diffusé au-delà de la scène de la politique classique. Celle où il assure sa fonction depuis sa forme représentative, théatralisée. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu besoin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes économiques du pays. Seul un technicien peut, par-delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les réformes. « Il potere è logistico » est un tag apparu ces derniers mois sur les murs du Val Susa. « Le pouvoir est logistique » voilà la forme qu’il prend quand il n’y a plus ni centre à conquérir, ni tête à décapiter.

    Et quand des franges entières de la population se montrent rétives à son avancée, c’est toute sa brutalité qui est mise à nu. Au Val Susa comme à la ZAD, la zone est militarisée. Le 29 février dernier un des NoTAV afrôlé la mort. Lors de l’expulsion de la Baïta – chalet occupé par le mouvement – Lucca monte à un poteau électrique pour ralentir l’opération. Poursuivi jusqu’en haut par la police, il est touché par un arc électrique et tombe. Il faudra plusieurs heures pour que les forces de l’ordre autorisent les ambulances à l’emmener.S’organiser contre les infrastructures et lutter contre les dispositifs de gestion des populations s’inscrivent dans un même mouvement. L’un marche avec l’autre parce que pour le pouvoir il est inadmissible que d’autres réalités s’inventent. Notre affaire consiste à attaquer ce qui nous empêche physiquement de vivre autrement, de vivre pleinement.

    « Non à l’aéroport », « No TAV », « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. Le Nonprésage d’un au-delà au nihilisme, d’une invention pratique d’autres voies. A commencer par les liens. Ils ne sont plus qu’une somme de rapports désaffectés. L’étrangeté entre soi et les autres, la séparation entre soi et l’environnement conquièrent les existences jusqu’à leurs derniers recoins. A l’inverse, quand une lutte se déploie, elle promet toujours de mettre à mal cette cynique économie des liens. Comme lors d’une grève, le conflit même oblige à prendre parti. Une géographie et un commun inédits se dessinent. Dans le Val Susa, il est possible d’esquisser une carte de la vallée entre les maisons, les garages, les bars ou les coiffeurs qui se rangent du côté des SiTAV ou des NoTAV. Dans le Cotentin, lors des réunions ou des actions qui ont suivies le camp antinucléaire de Valognes1, les sensibilités opposées au projet de ligne THT ont pu se trouver. Un château d’eau désaffecté a même été offert comme base pour le mouvement. A Notre-Dame-des-Landes, ce sont, notamment, quelques dizaines de maisons occupées et de cabanes dans les bois, des jardins collectifs et des chemins de traverse qui redéfinissent les lieux.

    A chaque fois quun presidio2, une maison ou un terrain est expulsé, ce qui est mis à mal c’est le peuplement de ces lieux où des mondes particuliers se déploient. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. De là, nous voulons que la journée du 24 mars, soit l‘exact mouvement inverse : que nous percions, dans le quadrillage métropolitain, un lieu nôtre à tenir ensemble, à notre manière, le temps que nous décidons.

    Désormais, agir au seul niveau symbolique n’est plus opérant. Les actions qui s’évertuent à montrer la désolation que ces infrastructures produisent sont inefficaces puisqu’elles’étale là, sous nos yeux. Fukushima a parlé pour le nucléaire. Pour l’aéroport, la destruction de2000 hectares de bocagelaisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment les combattre.

    Jusque-là, les opposants à l’aéroport se battent contre un projet qui est encore peu concret. Pourtant, nous avons gagné du terrain à chaque fois que nous avons empêché pratiquement l’avancée des travaux, que nous avons renvoyé les juges d’expropriation ou les machines venues faire les carottages de terre. Et si le chantier s’installe, face à sa matérialité cendreuse, c’est cette même intuition qu’il nous faudra déployer : bloquer l’arrivée des machines, les voies d’accès que la police emprunte, etc.

    Une autre donnée est la circulation. Depuis le camp climat de 2009, la lutte à Notre-Dame-des-Landes est fortedun passage permanent. Les occasions ne manquent pas : les visites au hasard d’un voyage, les différents camps ou les appels à occuper, comme la manifestationdu 7 mai dernier qui a permis d’investir un terrain pour y construire un jardin collectif et y habiter. Cette lutte est l’affaire de tous. En plus d’accueillir des opposants qui viennent de toutes parts, elle doit maintenant sortir du simple espace de la ZAD.

    La journée du 24 mars est un appel à ce que tous les opposants au projet, quelque soit l’endroit d’où ils viennent, se retrouvent, éprouvent un élan commun. C’est un pas en avant pour que le conflit contamine Nantes. Un pas qui en invite un autre : que la lutte se propage partout où la colonisation de l’espace est à l’œuvre. Pour qu’ensuite, il soit possible qu’aux premières tentatives d’expulsions, des gestes de lutte contre le projet se fassent écho dans tous les coins du pays.

     Pour que l’aéroport ne se fasse pas, il nous faut gagner du terrain : multiplier les occupations à Notre-Dame-des-Landes3, empêcher les expulsions, bloquer les voies d’accès des machines, de la police, répandre la lutte contre l’aéroport partout où il est possible de s’en ressaisir pratiquement. Mais pour commencer, il nous faut nous retrouver samedi 24 mars, à Nantes, pour éprouver, comme à Valognes, comme au Val Susa, notre puissance d’agir collective et nous promettre que la suite ne sera désormais plus en-deçà. A Samedi !

     Des opposants à l’aéroport !

    1Camps qui a permis le blocage, pour quelques heures, du départ du train de déchets nucléaire CASTOR de La Hague vers Gorleben en Allemagne. http://valognesstopcastor.noblogs.org/

    2Presidio désigne, dans le mouvement NoTAV, un campement ou un espace occupé qui sert de base à la lutte et de lieu de vie collective.

    3Un appel à une manifestation de réoccupation pour le 4ème samedi suivant la première expulsion. http://zad.nadir.org/spip.php?article66


    Toutes les infos sur la journée du 24 mars, http://24marsnantes.noblogs.org/


  • Début 2008, La Food and Drug Administration (FDA) autorisait aux États Unis la commercialisation de la viande et du lait provenant d’animaux clonés. En janvier 2008, l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) publiait un rapport affirmant que la consommation de viande clonée ne présente aucun risque pour la santé.



    Aujourd'hui, après une bataille entre la Commission, le Parlement et la Conseil européen pour légiférer autour de cette question, c'est le statu quo. Entre un moratoire de cinq ans interdisant « la production et l’importation de clones à des fins alimentaires »1 ou «un système de traçabilité avec étiquetage obligatoire pour la viande de tous les animaux procréés par des bêtes clonées » 2, aucun accord n'a été trouvé à ce jour.

    « La législation actuelle, qui autorise la commercialisation de la viande clonée va donc rester en vigueur. Elle date de 1997»3. Cette loi autorise de fait la commercialisation de viande issu d'animaux clonés. « En février 2010, un fermier écossais a importé des États-Unis, puis vendu, de la viande et du lait issus de bétail cloné. (…) En fait, rien n'interdit à un agriculteur européen de mettre sur le marché ce type de produits, à condition de demander au préalable une autorisation spéciale à l'EFSA. D'après la Commission européenne, il n’y a jusqu’à présent jamais eu de demande en ce sens. En revanche, pour commercialiser de la viande ou du lait de la progéniture d’animaux clonés, aucune autorisation spéciale n’est nécessaire. Il est donc tout à fait possible d'en trouver dans les assiettes européennes. C'est même un des arguments du Conseil pour rejeter les restrictions proposées par le Parlement. Elles "tromperait les consommateurs alors qu'il y a déjà des descendants non traçables dans l'UE et des produits alimentaires dérivés sont déjà entrés sur le marché alimentaire." »4

    « Pour Yvan Heyman, ingénieur de recherche à l' INRA de Jouy-en-Josas, et "d'après les différentes études en cours, il n'y a aucune raison qu'il y ait davantage de risques sanitaires avec un organisme issu du clonage." (…) En réalité, ce qui est en jeu relève davantage d'une sélection d'individus ‘génétiquement plus performants’, sur la descendance desquels la viande ou le lait seront prélevés. Le clonage sert ainsi avant tout à reproduire les meilleurs producteurs, notamment chez les bovins, pour lesquels les recherches sont aujourd'hui plus avancées que chez les porcs. »5

    « Bruxelles s’appuie sur un rapport de l’agence sanitaire européenne, selon lequel ni la viande ni le lait de clones ou de descendants ne posent de risques pour la santé humaine. «C’est juste une question d’éthique et de santé animale. Et un descendant de clone n’est pas un clone», justifie Frédéric Vincent, porte-parole de la Commission. En fait, il existe très peu d’études. »6

    Car c'est autour de la descendance que se cristallise tout les enjeux, économique et sanitaire. Cloner un taureau coûte encore très cher. Mais est rentable avec la valeur ajouté d'un sperme reproductible à l'envie donnant telle qualité de viande ou un meilleur rendement de lait. Après les semences végétales, la guerre du brevetage des semences animales entre en scène. La course dans la productivité du vivant marque le pas. Avec en premier plan les États Unis et l'Argentine, qui font pression sur Bruxelles pour autoriser sans trop de contrainte l'importation de leur viande issu de taureau cloné.



    A voir à partir de 9min50, le maquignon de demain ou la fabrique des clones avec SEK Genetics, une ferme d’élevage,  / extrait de La bataille de nos assiettes, docu Arte de Wiltrud Kremer (Allemagne, 2010, 52mn) diffusé le 18 oct. 2011


     1/ Libération - 3 février 2011 Viande clonée : le débat fait rage à Bruxelles

    2/ myeurop.info – 29 mars 2011 De la viande clonée dans vos assiettes!

    3/ Ibid.

    4/ ibid.

    5/ Rue89 – 16 janvier 2008 Faut-il manger de la viande issue d'animaux clonés ?

    6/ Libération - 3 février 2011 Viande clonée : le débat fait rage à Bruxelles

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    Et pour aller encore plus loin dans l'agriculture du futur, un laboratoire hollandais prend de l'avance, avec la préparation d'un hamburger à 250 000 euro, créé à partir de cellules souches. Sur place, à emporter, ou à jamais ? 

     Le premier hamburger créé avec des cellules souches bientôt une réalité 

    AFP - 20 février 2012 / Vu sur le Jura Libertaire


    VANCOUVER (Canada) – Le premier hamburger créé à partir de viande bovine issue de cellules souches encore dans les éprouvettes d’un laboratoire néerlandais devrait être prêt cet automne, une avancée pouvant potentiellement bouleverser l’élevage, l’alimentation mondiale et bénéficier à l’environnement.

    Le Dr Mark Post, un médecin de formation et patron du département de physiologie de l’Université de Maastricht (Pays Bas), prévoit de dévoiler ce hamburger en octobre, a-t-il dit à la presse en marge de la conférence annuelle de la Société américaine pour l’avancement de la science (AAAS) réunie ce week-end à Vancouver (Colombie Britannique, ouest du Canada).

    Le coût pour produire ce premier hamburger expérimental se monte à 250.000 euros, a précisé ce chercheur ajoutant aussitôt que le second devrait être plus abordable à 200.000 euros.

    Ce projet a été financé par un riche donateur qui souhaite rester anonyme, a-t-il dit, expliquant que ce dernier voulait voir diminuer le nombre d’animaux de ferme abattus pour leur viande et réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre résultant de l’élevage.

    La production de viande devrait doubler d’ici 2050 pour répondre à la demande et mobilise déjà 70% de nos terres agricoles, a estimé le Dr. Post.

    En outre, l’élevage contribue au réchauffement climatique avec les émissions de méthane, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) et compte pour 18% du total.

    Mon projet vise à créer de la viande à partir de n’importe quelles cellules souches en utilisant une technologie développée dans le champ médical depuis plus de vingt ans et qui arrive à maturité, a souligné le Dr Post.

    Pour ce premier hamburger, il a utilisé des cellules de bovins cultivés dans du sérum foetal de veau.

    Les tissus produits ont exactement la même structure que les originaux, a assuré ce scientifique soulignant que la technologie était bien maîtrisée.

    Nous allons présenter la preuve que cela est possible ce qui pourrait ouvrir la voie au début du développement de ce produit et à tous les processus pour en rendre la production plus efficace, ce qui est essentiel, a-t-il poursuivi.

    La viande produite à partir des cellules souches doit ressembler exactement à celle que nous avons l’habitude de consommer, autrement il sera impossible de convaincre les gens de renoncer à ce qu’ils connaissent, a relevé le Dr Post tout en disant espérer réussir cela d’ici l’automne.

    La viande produite en laboratoire pourra être contrôlée pour présenter certaines qualités comme par exemple contenir des niveaux élevés d’acides gras polyinsaturés (omega 3) bons pour la santé.

    Cette technique peut aussi permettre de produire de la viande de tout animal, a précisé le chercheur qui a lancé ce projet il y a six ans et espère voir cette viande produite à grande échelle dans les dix à vingt prochaines années.

    Patrick Brown, professeur de biochimie à l’Université de Stanford (Californie, ouest), a souligné durant la même conférence de presse l’importance selon lui de dénoncer l’agriculture actuelle — et surtout l’élevage — comme la plus grande catastrophe environnementale mondiale en cours.

    Cette technologie (de l’élevage) n’a pas fondamentalement changé depuis mille ans et consiste à soustraire les éléments nutritifs des plantes pour nourrir des animaux pour leur viande, a-t-il dit.

    J’ai décidé de consacrer le restant de ma vie de scientifique au développement de technologies alternatives afin de produire des aliments pouvant remplacer la viande et les produits laitiers, a insisté le biochimiste.

    Il a créé dans ce but de deux starts up mais sans donner davantage de précisions sur les produits qu’il espère développer. »


  •  Quel peut être le lien entre la soirée d'information et de soutien à la lutte contre le TAV (TGV) Lyon-Turin qui aura lieu à la Gueule Noire, centre social autogéré à Saint Etienne, ce mercredi 22 février à 19h30, et l'avenir du Roannais ? C'est ce que nous dit la brochure des individus politiques grenoblois de Pièces et Main d'oeuvre -PMO- intitulée Le Serpent Alpin ou le saccage du territoire allobroge (aout 2007) et précédé de l'article Attention, un train peut en cacher un autre. Derrière le Lyon-Turin, la destruction du Sillon alpin (janvier 2006).

    [ Soirée d’information et de soutien à la lutte contre le TAV (TGV) Lyon-Turin. Tous et toutes à la Gueule Noire - Mercredi 22 février 2012 - 19h30 - 16 rue du Mont à Bellevue à Saint Etienne, en soutien à la lutte et aux arrêté-e-s du 26 janvier dernier. > Info ici sur Le Numéro Zéro ]


    "Depuis une quinzaine d’années la lutte contre le TAV (TGV) Lyon-Turin fait rage dans la petite vallée de Suse en Italie. Une large partie de la population locale s’oppose au projet, soutenue par des milliers d’autres personnes venant des quatre coins de l’Italie et également de France, de Suisse, d’Allemagne... Ce projet de ligne à grande vitesse, vanté par les gouvernants au nom du sacro-saint Progrès et permettant de satisfaire les intérêts de promoteurs privés, contribuera encore plus à la destruction de la vallée déjà traversée par une nationale, une autoroute et une ligne à haute tension. " 1

     De l'autre coté de la frontière, c'est un autre saccage qui est à l’œuvre : le sillon alpin. L'urbanisation programmé et accéléré des vallées entre Genève et Grenoble, en passant par Annecy et Chambéry et se prolongeant jusqu'à Valence. Continuité urbaine, conurbanisation, agglomérat, une métropole s'organise autour de la high tech.

    « A cet égard, le Sillon Alpin, notamment ses deux pôles principaux Grenoble et Genève, apparaît comme un territoire privilégié. En effet, la concentration dans cet espace, d’universités, de laboratoires de recherche publique et privée, de grands groupes industriels et de start-up ayant une forte capacité de recherche-développement, ainsi que la présence d’équipements scientifiques internationaux, favorise la création d’un "sillon technologique" de taille critique à l’échelle européenne (...) Le Sillon Alpin, espace géographique qui s’étire de Genève à Valence (en passant par Annecy, Chambéry et Grenoble) concentre sur son territoire des atouts pour s’engager avec succès dans "la bataille technologique et économique du 3ème millénaire qui se joue entre les firmes et les nations" »2.

    Ces deux saccages, c'est la même chose. PMO y a vu le lien dans la brochure Serpent alpin, ou le saccage du territoire allobroge . « La réalisation de la liaison ferroviaire Lyon-Turin confirmera la position de métropole européenne du Sillon Alpin. »3. Michel Destot, maire de Grenoble, fait le lien aussi. « Il faut bien comprendre que ce dossier est très important pour une ville comme Grenoble. On ne fait pas uniquement le Lyon-Turin pour aller de Lyon à Turin, on le fait aussi pour aménager le Grand Sud-Est… Le désenclavement ferroviaire passe [par] la liaison du sillon alpin Valence-Grenoble-Montmélian et passe surtout par la réalisation de la première phase du Lyon-Turin… Et nos grands projets d'avenir, qu'ils soient technologiques ou olympiques pour 2018, ont besoin de la réalisation de tous ces grands projets de désenclavement et d'aménagement du territoire…»4

    L'aménagement du territoire c'est l'organisation dans le temps et l'espace de la production capitaliste. Dans sa version néolibérale, Lyon et Grenoble sont en concurrence avec Shanghai et Los Angeles. « Il y a aujourd’hui une réelle convergence entre le savoir-faire de Grenoble et les outils de Lyon. […] L’axe Lyon-Grenoble se développe sur un mode gagnant-gagnant. […] La compétition internationale est violente. Vu des Etats-Unis ou d’Asie, il n’y a pas de différence entre Lyon et Grenoble. Il faut être plus efficace et plus performant. La performance s’obtient en s’associant : 1 + 1 est toujours supérieur à deux ".5 "Les métropoles économiques à grands potentiels de développement sont repérées de nuit par les investisseurs, grâce aux images fournies par les satellites, sinon en vue directe, depuis un avion. Plus ces villes sont lumineuses, éclairées, plus ils sont intéressés ! Lorsque le ruban technologique de l’arc alpin, entre ses barycentres constitués par Genève et Grenoble, s’illuminera d’une manière continue, lorsque les pointillés des pôles de compétence comme les biotechnologies de Lausanne, la physique et l’informatique du CERN à Genève, la mécatronique d’Annecy, l’énergie solaire de Chambéry et les nanotechnologies de Grenoble, ne formeront plus qu’une longue colonne vertébrale, nous aurons gagné."6

    Et Roanne dans cette compétition internationale ? « Un territoire aux confins de Rhône-Alpes ouvert sur les métropoles et villes voisines » -Lyon plus que Saint Etienne- nous dit le rapport de présentation du SCOT 7. Ce même rapport conclu que « la grande question qui se pose pour les années à venir se situe autour de la visibilité du Roannais à l'échelle supra-régionale, de sa lisibilité, indispensable à son attractivité ». C'est précisément pour cela que nos élus locaux se battent pour que le projet de Ligne à Grande Vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (LGV POCL, prévu à l'horizon 2025) passe par Roanne. En attendant, et pendant que le sillon alpin est en concurrence avec Shanghai et Los Angeles, Roanne est en concurrence avec Mâcon et Vichy pour que la LGV passe dans son giron et puisse rayonner sur la carte de l'attractivité... des capitaux de seconde zone.

    Quand un des arguments retenue par le SCOT pour faire valoir le territoire Roannais à l'échelle supra-régionale est la « qualité du cadre de vie », avec un « paysage roannais (…) de grande qualité et encore assez bien préservé », cela s'appellerai presque la grande banlieue. « C’est connu, mieux vaut vivre au bon air des campagnes que dans l'atmosphère viciée des villes. Les "rurbains" en quittant la ville devenue invivable par la pollution et le bruit, transposent celle-ci dans la campagne, devenue banlieue. »8

    Du Val de Suse au sillon alpin en passant par l'avenir du roannais, quand l'obsession des élus est de « se faire un nom auprès des grandes puissances européennes ou internationales »9, le combat est le même. Ne plus laisser à la technocratie urbanocrate ce pouvoir démesuré de destruction.

    1 Texte de présentation de la Soireé NO TAV à la Gueule Noire

    2 Guide des ressources technologiques du Sillon Alpin - Cité dans le Serpent Alpin - PMO - 2007 - Black Star (S)éditions

    3 Plaquette Terres d’énergies, Terres d’avenir- Cité dans le Serpent Alpin

    4 Le Daubé, 31/07/07 - Cité dans le Serpent Alpin

    5 Jean Therme, Directeur du CEA Grenoble Le Daubé, "Palmarès des entreprises en Rhône-Alpes", édition 2006/2007. - Cité dans le Serpent Alpin

    6 Jean Therme, Le  Le Daubé. 25/10/04 - Cité  Attention, un train peut en cacher un autre. Derrière le Lyon-Turin, la destruction du Sillon alpin - PMO -2006 -

    7 Rapport de présentation du SCOT - Shéma de COhérence Territoriale- Roannais www.scotroannais.fr

    8 Serpent Alpin - PMO - 2007 - Black Star (S)éditions

    9 "Sillonnez malin dans le Sillon Alpin", dépliants distribués aux voyageurs dans les gares, mai 2006. Cité dans le Serpent Alpin

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    Le Serpent Alpin ou le saccage du territoire allobroge (aout 2007 - Black Stars (S)éditions ) sur  infokiosques.net 

     Attention, un train peut en cacher un autre. Derrière le Lyon-Turin, la destruction du Sillon alpin (janvier 2006). sur le site de PMO

     Des infos sur les luttes des NO TAV en Val de Suse sur le Jura Libertaire ( avec des liens vers d'autres sites d'info)




  •  Les premier pas d'un collectif agricole, La ferme de l'Oseraie, à Belleville sur seine, près de Rouen, ont commencé au début de l'hiver 2011, à la suite du Jardin des 400 goûts.

    « Il y a un an, poussé par nos désirs d'autonomie, de liens, de sens mais contraint à la sobriété par la maigreur de nos ressources, nous cherchions une ferme en location avec une maison et des terres attenantes (…) Seulement la maison était à vendre. Les terres ouvertes à la location perdaient leur intérêts si nous ne pouvions pas vivre sur place ». Et ce fut un achat, suite à un appel à don et différents apports, sous forme d'association propriétaire.

    Une nouvelle ferme, une maison en propriété collective qui se passe – presque – des banques, une approche sensible de la paysannerie loin des certificateurs de l'écologie et surtout un beau texte Là ou tout est géré, plus rien ne pousse.

     

    Les années 70 révolues, les années 80 rappellent le temps que les « communautés ne deviendront pas le mode majeur d’installation paysanne. (…) Le secteur agricole en France, mélange de libéralisme entrepreneurial et de planification par la PAC, enterre ses aspirations à une élaboration autonome. (…) Aujourd'hui on invente une nouvelle fonction à l'agriculture, celle de « l'entretien des paysages ». On appuie sur les spécificités régionales. On crée des labels pour assurer que tel ou tel procédé est bien employé. On insiste sur une représentation de la dolce vite campagnarde et du lien sociale authentique. (…) Il est temps de dire que puisque la terre a été brûlée, puisque le paysan a été mis au rebut pour cause de non-rentabilité, puisque l'on a tant rationalisé le métier, alors la nouvelle génération commencera en amateurs éclairés, en adversaires de l'économie, en dilettantes passionnés..(...) Il s'agit plutôt de créer des lieux de confiance, des lieux d'amitié. Pour y réfléchir, s'y échanger nos forces, celles qui seront à dégainer dès l'occasion venue »...


    A retrouver sur leur site, le jardin des 400 gouts


  • Sprawl = étalement, entendu comme étalement urbain, périurbanisation, rurbanisation ...

    Video réalisé par John Paget en 2009, visible sur CARFREE

    [ Carfree france ]

     

    Les culs-de-sac ou la plus grande menace pour la planete... et la vie sociale.

    Une courte vidéo d'animation qui pointe assez justement le désastre que représente un monde perçu et vécu comme un phénomêne extérieur à nos vies.

    A considérer le cadre bâti - nos villes, nos campagnes... - comme l'expression construite et visible du mode d'organisation social, politique et économique d'une communauté ou d'un pays, l'aménagement du territoire ne sera toujours dans nos contrées que la planification dans le temps et l'espace du capitalisme. Le lotissement en est la conséquence directe. L'habitat est devenu un marché interne de consommation comme un autre. Plus grand monde ne sait vraiment ce que peut signifier la notion « d'habiter ».

     Le "new urbanisme", aussi bien intentionné soit-il,  pourrait ne rien y changer si c'est toujours et encore nos urbanocrates préférés qui continuent à refléchir en lieu et place de ceux et celles qui, in-fine, "consommeront" leur appart' ou leur maison.

    Mais l'intention est bonne, et si le mot d'ordre est "habitons groupé!", "autonomie!", "auto-organisation de nos villages et nos quartiers!", alors il ne restera plus qu'à botter le derrière de nos urbanocrates!